Posts Tagged ‘recherche’
Détecter Alzheimer? Pas de panacée
24-08-2010
L’info a été abondamment relayée par la presse cet été. On pourrait, incessamment sous peu, « prédire » la maladie d’Alzheimer cinq ans avant qu’elle ne se déclare avec 100% d’exactitude. Le tout via un marqueur biologique novateur… Une avancée à relativiser.
Bénéfice indéniable de cette découverte, si elle devait être confirmée : elle constituerait une avancée majeure dans la recherche pour la mise au point d’un diagnostic fiable et précoce de la maladie d’Alzheimer. A l’heure actuelle, c’est à l’aide d’une batterie de tests neurologiques et neuropsychologiques poussés que l’on peut prononcer un diagnostic avec une certitude de 90%.
Là où le bât blesse
La Ligue Alzheimer a tenu à recueillir l’avis du Professeur Jean-Noël Octave, Président de l‘Institute of Neuro Science et membre du Conseil scientifique de la Ligue. Selon le Professeur Octave, cette info - aussi intéressante qu’elle puisse être - ne mérite pas l’emballement médiatique qu’elle a suscité. Le scientifique parle de « tempête dans un verre d’eau » et d’ « effet boule de neige » à partir d’un communiqué d’agence hâtivement repris et maintes fois interprété.

Parmi les éléments incitant à relativiser l’information, on peut épingler ces quatre questions en suspens :
- Diagnostiquer… Oui, mais après ?
Il n’existe pas encore de traitement curatif à la maladie d’Alzheimer. Les produits dont on dispose actuellement permettent uniquement de stabiliser ou de ralentir la dégénérescence, et ce chez 1/3 des patients seulement.
- Diagnostiquer… Oui, mais comment ?
Le test en question s’avère très délicat à mettre en œuvre. Il nécessite en effet de pratiquer une ponction lombaire : on pique avec une très longue aiguille dans la moelle épinière, au niveau de la colonne vertébrale. Une manœuvre médicale délicate, qui comporte des risques et exige quelques jours d’hospitalisation.
- Une innovation ? Oui, mais…
Si innovation il y a, elle réside dans l’agencement des marqueurs biologiques, bien davantage que dans le type de marqueurs utilisés. Les trois biomarqueurs sont en effet ceux manipulés depuis plus de 10 ans par les scientifiques.
- Des scientifiques ? Oui, mais liés à une firme pharmaceutique
Parmi les points communs aux trois co-auteurs de l’étude : la firme pharmaceutique Innogenetics, qui fait partie de Solvay - Pharma. C’est cette firme qui est à l’initiative des tests sur le liquide cérébro - spinal utilisés dans cette étude. Geert De Meyer en est un ancien employé. Les deux autres auteurs y travaillent toujours. Les trois chercheurs ont démenti toute pression financière. Il n’empêche : ce type de rapprochement est susceptible de favoriser un manque de recul critique et des velléités accrues de parvenir à des résultats positifs à tout prix. En somme : cette découverte, si elle représente une avancée majeure en termes de compréhension de la maladie d’Alzheimer, ne constitue pas encore une victoire claire et définitive sur cette pathologie.
Le modèle en question
D’après la dépêche de Belga, l’équipe du professeur Geert de Meyer et de ses collègues de l’Université de Gand a analysé des données issues d’une étude portant sur plus de 400 personnes âgées. Dans ce panel: 114 personnes disposaient de fonctions cognitives normales; 200 personnes souffraient de troubles cognitifs légers; les 102 autres avaient été diagnostiquées de la maladie d’Alzheimer. L’analyse du liquide cérébro-spinal de ces volontaires a révélé la présence de la “signature protéique” chez 90% des patients atteints d’Alzheimer, 72% des sujets souffrant de troubles cognitifs modérés et 36% des personnes en bonne santé. Ces résultats ont ensuite été recoupés au sein d’échantillons plus réduits. Dans l’un d’entre eux, le modèle a permis de “prédire” la maladie qui allait se déclencher chez 100% des 57 sujets atteints de troubles cognitifs légers non spécifiques à Alzheimer.
Pour en savoir plus:
Le site Doctissimo
Le site Psychomedia
Le site de France Info
A.D.
Tags: alzheimer, biomarqueur, diagnostic, Geert de Meyer, protéine, recherche, université de Gand
Posté dans Recherche | 1 Commentaire »
Rember, où en est-on?
13-03-2010
Deux ans après le buzz autour du Rember où en est l’avancement de la recherche? Malheureusement, il semblerait : pas beaucoup plus loin.
En juillet 2008, à l’International Conference on Alzheimer’s Disease (ICAD), un nouveau médicament, le Rember, fit, pour la première fois, parler de lui.
Bien que ce médicament n’ait pas encore achevé son processus de finalisation scientifique, il déclencha une vague d’intérêt dans la communauté internationale Alzheimer. En effet, le Rember semblait ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pleines d’espoirs. Le Rember agit au niveau des neurones et y détruit les agrégats de protéines tau. Ces formations sont caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, avec les plaques amyloïdes, sans que l’on connaisse bien leur rôle.

Nous vous en avions parlé ici même à cette époque, en indiquant, que le principe actif de cette molécule était bien connu puisqu’il s’agissait du bleu de méthylène. Nous nous posions à l’époque déjà, la question d’un effet de surmédiatisation autour de cette molécule.
Sur base d’hypothèse, des ralentissements de l’évolution de la maladie d’Alzheimer pouvant aller jusqu’à 81% par an. Un éventuel traitement utilisant une autre forme de la molécule du Rember pourrait aller jusqu’à faire régresser la maladie d’Alzheimer lorsqu’elle se trouve toujours au stade débutant.
Deux ans plus tard
Alors où en est-on, deux ans plus tard ? De nombreuses familles se posent désormais la question. La réponse ne semble pas évidente car il reste difficile, à l’heure actuelle, d’obtenir des informations précises concernant l’état de développement du Rember.
En effet les principaux protagonistes de la recherche autour du Rember, ne communiquent plus depuis la fameuse annonce, en 2008, de leurs résultats prometteurs.
Aucun communiqué de presse officiel de l’équipe du Professeur Claude Wischik, responsable des recherches sur le Rember à l’université de Aberdeen (Ecosse), n’a vu le jour depuis. Malgré l’importance de l’annonce faite à l’époque, il n’y a absolument aucune nouvelle sur le site de la société TauRx Therapeutics,créée pour soutenir financièrement le développement du Rember.
La Ligue Alzheimer ASBL a comme objectif de rester à l’affût de la moindre nouveauté en matière de recherches, afin de vous tenir informés à ce sujet. Il est à espérer que les résultats finaux annoncés seront à la hauteur des espoirs que de nombreuses personnes ont placé dans ce médicament.
En attendant, prudence et vigilance.
J.L.
Tags: alzheimer, recherche, Rember, Wischik
Posté dans Recherche | 1 Commentaire »
Soutien pour les aidants
15-02-2010
Une nouvelle étude menée aux USA démontre combien les groupes de soutien peuvent accompagner les aidants qui prennent soin de proches atteints de la maladie d’Alzheimer.
Cette étude montre :
- que les aidants ressentent parfois de la culpabilité quand ils participent à des activités avec leurs amis alors que leur proche n’en n’est plus capable,
- que les aidants expriment plus souvent des sentiments de tristesse et de solitude,
- que 25% des aidants souffrent de dépression,
- que seulement 23% des aidants interrogés ne ressentent pas l’accompagnement de leur proche comme un fardeau.
Cette recherche menée par l’université de Case Western Reserve University montre que les partenaires de personnes atteints de la maladie d’Alzheimer expriment moins d’espoir en l’avenir et moins de joie de vivre.
Mais surtout, elle souligne que face à ces difficultés, les aidants trouveront plus facilement leur voie s’ils sont aidés par des groupes de soutien.
Ceux-ci leur permettront :
- de « normaliser » les émotions qu’ils ressentent alors qu’ils assistent à la progression de la démence chez leur proche.
- de bénéficier des compétences du groupe dans leurs prises de décisions
- de recevoir « la permission » de mener sa propre vie sociale et d’y trouver du plaisir tout en restant un « bon aidant ».
Alors rendez-vous au prochain Alzheimer Café près de chez vous?
F.R.
Sources :
- Alzheimer Reading Room
- Case Western Reserve University
Tags: aidants, alzheimer, dépression, groupe de soutien, Qualité de vie, recherche, self help
Posté dans Qualité de vie, Recherche, politique de sante | Aucun commentaire »
Une protéine anti-tau?
28-01-2010
Autant le dire d’emblée : on n’est encore loin d’un médicament, mais la nouvelle piste de recherche ouverte par le professeur Etienne-Emile Beaulieu (83 ans!) et son équipe de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a le mérite d’ouvrir une perspective de recherche encore peu explorée.
De quoi s’agit-il?
Comme vous la savez, l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau et la présence de protéines “tau” sont des marqueurs du développement de la maladie d’Alzheimer.
C’est à ces protéines tau que se sont intéressés le professeur Beaulieu et son équipe. L’accumulation importante de la protéine Tau dans le cerveau entraîne une insuffisance de fonctionnement des synapses.
Empêcher l’accumulation de la protéine pourrait s’avérer utile pour prévenir, soigner ou bloquer le développement de la maladie.
L’équipe de l’Inserm s’est intéressée à la protéine FKBP52, présente naturellement dans le cerveau et a observé que cette dernière quand “accrochée ” à la protéine Tau en diminuerait l’action et le développement.
Prudence
Une partie de la communauté scientifique attend, elle d’en savoir plus pour se réjouir.
Interrogé par l’
AFP, le Pr Philippe Amouyel, directeur de l’Institut Pasteur de Lille tempère cette découverte: “Il ne s’agit que d’une piste. En sciences, ce qui compte ce sont les faits, ce qu’on démontre. Or tout ça a été fait sur des modèles in vitro, sans lien direct avec la maladie d’Alzheimer, sans “patient atteint chez qui on aurait montré quoi que ce soit. C’est sûr que ça a un lien avec la biologie des neurones, mais avec la maladie c’est une autre histoire.”
Le temps nous dira si cette avancée en recherche fondamentale pourra déboucher sur des essais cliniques.
F.R.
Sources :
-L’Inserm
-La Libre
-Le Monde
-Le Nouvel Observateur
Tags: Beaulieu, protéine FKBP52, recherche
Posté dans Recherche | Aucun commentaire »
Patients discriminés?
11-06-2009
Tous les malades d’Alzheimer, en Belgique, ne sont pas soignés et accompagnés de manière optimale.
Ce sont les conclusion d’une table ronde d’experts belges de la maladie d’Alzheimer qui s’est tenue à la fin du mois de mai.
Ces spécialistes estiment que davantage d’attention doit être accordée à la maladie, au patient et à sa famille.
“La maladie d’Alzheimer reste taboue et souvent confinée au sein de la famille. Autour de chaque patient, on estime que 5 autres personnes sont concernées par la maladie. La maladie d’Alzheimer reste une maladie cachée, qu’on essaye d’oublier.
Il est pourtant possible de briser ce tabou, exactement comme on l’a fait pour le SIDA” a expliqué le Dr Ventura, neurologue, et praticien aux Consultations Cliniques de la Mémoire à l’Hôpital Erasme à Bruxelles.
Investir dans une meilleure prise en charge des patients atteints de la maladie d’Alzheimer permet non seulement d’améliorer leur vie quotidienne et celle de leur entourage, mais également de retarder leur institutionnalisation qui génère des frais élevés.

Des études récentes (Mittelman, 2006, et Lopez, 2009) a en effet démontré qu’un traitement médicamenteux, couplé à une approche non médicamenteuse adaptée, permet de retarder l’entrée en institution.
Pour rappel, en Belgique:
- 165.000 personnes souffrent de démence, dont 100.000 de la maladie d’Alzheimer.
- En 2020, on estime que 150.000 patients seront touchés par la maladie d’Alzheimer.
- D’ici 2040, on prévoit un doublement des chiffres actuels.
Depuis le remboursement des médicaments contre l’Alzheimer, on accorde plus d’attention à la maladie, tant sur le plan de la recherche qu’en ce qui concerne l’approche du malade et de son environnement.
C’est dans ce contexte que s’est développée l’approche non médicamenteuse, comme les cliniques gériatriques de jour et les cliniques de la mémoire.
Aujourd’hui, il existe actuellement deux options de traitement pour la maladie d’Alzheimer (voir notre billet sur ce sujet):
-> les inhibiteurs de la cholinestérase
->la mémantine.
Ces deux classes de médicament présentent un impact différent sur la maladie. Il est donc possible, dans certains cas, de les combiner afin d’augmenter leur effet.
Or, le recours simultané à ces deux traitements n’est pas remboursé en Belgique, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays voisins (dont la France).
Seuls les patients qui en ont les moyens financiers peuvent dès lors se permettre cette combinaison.
Exister
Les praticiens, réunis, lors de cette table ronde, plaident donc ensemble pour que ce soit désormais le cas.
« Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer sont encore trop souvent caractérisés par leurs déficiences plutôt que par ce dont ils sont encore capables” explique Jurn Verschraegen, responsable de la coordination de l’Expertisecentrum Dementie (ECD) Vlaanderen.
Et d’ajouter : “Même si le contact est différent, il continue d’exister. Chaque patient qui souffre de la maladie d’Alzheimer ne doit dès lors pas uniquement être vu comme un patient mais aussi comme un être humain !”
Nous devons garantir la qualité de vie de tous, ainsi que celle de la famille. Ce qui ne se fait pas encore suffisamment. Nous devons en faire prendre conscience à la population, aux spécialistes et aux décideurs. »
F.R.
Tags: alzheimer, inhibiteurs de la cholinestérase, medicament, mémantine, recherche, remboursement
Posté dans Qualité de vie, Recherche, politique de sante | Aucun commentaire »
Revue de Presse
22-04-2009

-Dans le Figaro: Alzheimer fait moins peur aux Français que le cancer. Faut-il s’en réjouir? Pas vraiment car l’étude, commandée par la ministre française de la santé, montre également que quatre personnes sur dix estiment être très mal informées sur cette maladie.
-Le Site Agevillage rend compte d’une expérience bordelaise intéressante où tout-petits et malades d’Alzheimer échangent au quotidien et explique également la démarche d’accueil originale des “Demenz WG” allemandes, lieux de vie et de soin.
-Actu Litté mène l’enquête: Agatha Christie atteinte d’Alzheimer, ses livres avouent.
-L’excellent blog anglophone The tangle Neuron propose d’appréhender les personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer en tournant le kaléidoscope de quelques degrés.
Non, les personnes qui vivent avec la maladie d’Alzheimer n’ont pas tout perdu ! Et, certainement pas leur humanité. Appreciation and Respect for People with Memory Loss.
F.R.
Tags: alzheimer, recherche, vivre ensemble
Posté dans revue de presse | Aucun commentaire »
Alzheimer Europe
30-03-2009
Notez bien ces dates dans votre agenda !
Du 28 au 30 mai prochain, La Ligue Nationale Alzheimer - organe fédéral qui rassemble les associations francophone, néerlandophone et germanophone de la Ligue Alzheimer- organise la 19e Conférence Alzheimer Europe à Bruxelles.
Cette rencontre internationale rendra compte des améliorations nécessaires dans le traitement et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.
A l’occasion de cette 19e Conférence Alzheimer Europe, les experts venant des quatre coins de l’Europe présenteront leurs projets et leurs avancées en matière de recherche et d’avancées dans le domaine de la maladie d’Alzheimer.
Vous participerez?
Nous, en tout cas, on y sera!
F.R.
Pour vous inscrire dès à présent et en savoir plus sur ce rendez-vous international, visitez le site de la conférence :www.alzheimer2009.eu
Tags: conférence Alzheimer Europe, recherche
Posté dans Agenda | 3 Commentaires »
Résultats prometteurs
31-01-2009
Un molécule permet de rétablir chez une souris atteintes de la maladie d’Alzheimer les capacités cognitives perdues.
Cette molécule - la protéine netrin-1- fait disparaître les plaques amyloïdes à l’origine de la maladie.
La recherche a été menée conjointement par le laboratoire “Apoptose, cancer et développement” du CNRS à Lyon et par l’ Institut Buck pour la recherche sur le vieillissement aux Etats-Unis.
L’équipe de Patrick Mehlen, du CNRS, qui travaille sur différentes molécules impliquées dans la régulation des cancers, a découvert que la netrin-1pouvait inhiber la formation du peptide toxique amyloïde-béta.
Cette protéine est connue pour intervenir à la fois au cours du développement du système nerveux et dans la régulation des cancers.
Les chercheurs ont injecté cette molécule dans les cerveaux de souris développant la maladie d’Alzheimer.
Selon leurs observations, cet apport de netrin-1 a permis d’inhiber la formation du peptide amyloïde dans le cerveau des souris, et même de rétablir des capacités cognitives initialement perdues.
Sources:
Tags: netrin-1, recherche
Posté dans Recherche | Aucun commentaire »