Astuces Alzheimer
30-04-2009
Nous vous parlions en début de semaine, des recherches menées aux USA pour élaborer des tests qui permettent d’évaluer précisément les capacités à conduire des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
En Belgique, une fois le diagnostic posé doit-on nécessairement renoncer à son permis de conduire ?
Que dit la loi ?
L’arrêté royal du 23 mars 1998 fixe les normes minimales d’aptitudes à conduire un véhicule motorisé. Cet arrêté spécifie que le titulaire d’un permis de conduire doit restituer celui-ci s’il ne satisfait plus aux normes médicales minimales.
Lorsqu’un conducteur est atteint d’une affection neurologique telle que la maladie d’Alzheimer, il doit présenter son permis à l’administration communale dans les 4 jours qui suivent la prise de connaissance de son état de santé.
C’est le rôle du médecin de l’informer directement de cette décision.

Permis à validité limitée
Il existe malgré tout une possibilité de recours à cette situation : le permis de conduire à validité limitée.
Pour en faire la demande, la personne concernée doit se rendre au Centre d’adaptation à la conduite et d’adaptation des véhicules (CARA) de l’Institut belge pour la Sécurité routière (IBSR).
Le CARA a pour mission d’évaluer la compétence à la conduite des personnes qui présentent une diminution physique ou mentale de leurs capacités fonctionnelles.
La personne y est prise en charge par une équipe pluridisciplinaire. Celle-ci réalise une évaluation globale des fonctions physiques et psychiques.
La plupart du temps, en début de maladie, les personnes atteintes par la maladie demeurent aptes à conduire parfois seulement avec certaines conditions ou restrictions qui vont au-delà de la période validité du permis : heure de roulage, type de véhicule, type de lieux (en dehors des grandes agglomérations, etc.)…
Et les assurances ?
Le conducteur qui obtient un permis à validité limitée doit impérativement avertir sa compagnie d’assurances de la modification de son état de santé.
Cette dernière est en droit d’accepter ou de refuser d’assurer un conducteur atteint de la maladie d’Alzheimer, et cela, quelle que soit l’évaluation du CARA… Ce n’est pas le moindre des paradoxes !
F.R.
Sources:
Tags: alzheimer, automobile, permis de conduire
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Conduire ou pas?
27-04-2009

La recherche dans le domaine de la maladie d’Alzheimer s’intéresse également à la vie quotidienne des patients et aux possibilités de maintenir leur autonomie aussi longtemps que possible.
Dans ce domaine, la question du permis de conduire et de son retrait possible à l’annonce du diagnostic pèse très lourd dans l’indépendance des patients.
Faut-il laisser sur la route des conducteurs qui ne disposent plus de la capacité nécessaire pour évaluer les risques de la circulation et qui placent d’autres usagers en danger?
Mais le retrait systématique et sans évaluation du permis de conduire ou -de la capacité à assurer son véhicule- ne représentent-ils pas une restriction abusive de la liberté des personnes?
Comme éviter ce double écueil ? En testant au plus juste les capacités réelles des conducteurs atteints par la maladie d’Alzheimer.
De nouveaux tests
C’est pourquoi, des scientifiques tentent de mettre au point des tests indiquant à quel moment les personnes en phase initiale de la maladie d’Alzheimer devraient arrêter de conduire leur véhicule automobile.

Dans le but de venir en aide à des patients se trouvant dans de telles situations, l’équipe du professeur Jeffrey Dawson a mis au point un examen plutôt complexe qui se déroule derrière le volant.
Les résultats, publiés dans la revue Neurology, sont très intéressants. En moyenne, les conducteurs atteints d’Alzheimer ont commis 42 erreurs liées à la sécurité routière, contre 33 pour les autres conducteurs.
Là, peu de surprises. Mais le plus frappant dans ces résultats , c’est que
-les erreurs dans leur ensemble augmentaient d’abord avec l’âge du conducteur, atteint d’Alzheimer ou pas, soit deux erreurs supplémentaires pour chaque tranche de cinq ans de plus.
-la conduite de certains patients atteints d’Alzheimer était tout aussi bonne que celle des conducteurs en bonne santé neurologique.
L’équipe du Pr Dawson a découvert que, plus qu’échouer à de simples tests de mémoire, rater des tests neurologiques d’habileté multitâche constitue une différence pour évaluer la capacité à conduire.
Pour faire court, la conduite des patients atteints d’Alzheimer qui ont obtenu des résultats moyens ou au-dessus de la moyenne pour ce type de tests était sensiblement la même que celle des conducteurs non atteints.
Mais ceux qui ont obtenu des résultats inférieurs à la moyenne avaient tendance à commettre environ 50 % plus d’erreurs sur la route.
La recherche doit se poursuivre, mais le but ultime est d’en arriver à un test simple mené en cabinet de médecin qui aiderait les patients à savoir à quel moment ils devraient renoncer à conduire une automobile.
Nous consacrerons cette semaine, notre rubrique, Astuces Alzheimer, aux détails pratiques de la législation belge sur ce sujet.
FR
Sources:
Tags: alzheimer, conduire, permis de conduire
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