Archives de la catégorie ‘Qualité de vie’

Traumatisme, quels dégats?

3-09-2010

De quoi s’agit-il?

Un traumatisme crânien peut avoir des répercussions directes pour la personne, mais peut également avoir des conséquences qui surgissent seulement quelques mois, voire quelques années après ce choc initial. Le traumatisme survient lorsqu’un choc soudain endommage le cerveau ; il peut être léger, modéré ou sévère, en fonction des dégâts occasionnés. Il s’inscrit donc dans un processus qui peut parfois être long à se déclarer, affecter différents organes du corps et qui peut être à l’origine de l’apparition ou de l’accélération de dysfonctionnements ou de maladies.

Pourquoi?

Des recherches suggèrent qu’un traumatisme crânien pourrait être à l’origine d’une perturbation de l’apoptose des cellules nerveuses. Celles-ci déclencheraient alors, suite au choc, leur autodestruction d’une manière anormale, accélérant ainsi le déclin des fonctions cognitives et le développement éventuel d’une maladie.

Quel peut être le danger?

De cette manière, des perturbations neuro-dégénératives, qui amènent une diminution des compétences cognitives (de type Alzheimer par exemple) pourrait résulter d’un choc trop violent. Il ne faut cependant ni paniquer, ni dramatiser ! En effet, des études ont montré que les personnes recevant un traitement adéquat dans les mois qui suivent directement le traumatisme, quel que soit son degré de gravité, étaient moins susceptibles de développer un déclin important des fonctions cognitives sur le long terme. De plus, si jamais vous avez moins de 50 ans lorsque vous subissez ce choc, ces risques de déclin sont encore davantage diminués.

Sources :

http://www.medicalnewstoday.com/

http://fr.wikipedia.org/

http://www.utmb.edu/

J.L.

Musique Vs oubli

5-07-2010

La semaine passée, nous vous faisions vivre l’ambiance décontractée d’une séance « chansons » à l’Alzheimer Café de Bruxelles – Europe.

Mais musique ne rime pas seulement avec plaisir. Les vertus de cette activité sont désormais avérées. Le « Nouvel Observateur » s’est penché sur le sujet. L’hebdomadaire propose une incursion dans la chorale d’un établissement spécialisé dans l’accueil de patients souffrant d’Alzheimer. Découvrez cet article ici.

Pour clôturer ce chapitre musical, nous vous invitons à voir (ou revoir) ces images de l’Alzheimer Café Day.

A.D.

Alzheimer en été

30-06-2010

Le soleil et la chaleur pointent enfin le bout de leur nez ! Et c’est tant mieux.

Malheureusement, pour les personnes qui vivent avec la maladie d’Alzheimer, cela signifie aussi un certain nombre de désagréments et donc des précautions à prendre.

soleil

Voici quelques trucs et astuces pour mieux vivre ensemble la belle saison qui s’annonce.

1. Boire beaucoup

Lorsque la température monte, la déshydratation n’est jamais bien loin; il convient donc de boire un maximum de liquides. Toutes les boissons sont intéressantes: thé, café, sodas mais la plus importante reste évidemment l’eau elle-même.

2. Profiter du beau temps

Un temps agréable est l’occasion d’organiser des activités qui sortent un peu de l’ordinaire pour le patient, particulièrement en extérieur, si possible au contact d’autres personnes; cela s’avérera très profitable pour son moral. Attention néanmoins à bien lui couvrir la tête et à éviter les moments où le soleil tape le plus fort. Il convient davantage d’aller se balader milieu ou fin d’après-midi plutôt que directement après le repas de midi.

3. S’habiller léger

À chaque saison, ses habits de prédilection. L’été n’échappe évidemment pas à cette règle et il convient d’habiller la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer en conséquence. Par exemple, une petite robe légère ou pas trop de couches de vêtements, afin de ne pas lui donner un sentiment d’oppression ou de chaleur excessive.

4. Se nourrir de manière adaptée

Pour le patient, mais finalement aussi pour chacun d’entre nous, une alimentation saine est très importante. Elle aura plus que probablement un effet bénéfique pour le veillissement de la personne. N’hésitez pas à profiter des légumes de saison, à consommer de l’huile d’olive (ainsi que les autres nutriments riches en Oméga 3), à manger du poisson et à manger de la viande rouge avec modération, en lui préférant la viande blanche, telle que le poulet.

Retrouvez ici nos 3 billets “Astuces Alzheimer”, consacrés à l’alimentation:

> épisode 1: organiser les repas

>épisode 2: prévenir les problèmes alimentaires

>épisode 3: éviter les problèmes de déglutition

En vous souhaitant un excellent début d’été et, éventuellement, de belles vacances!

JL

Salon “Autonomies”

10-06-2010

Du 25 au 27 mars 2010, aux Halles des foires de Coronmeuse, à Liège, eut lieu le salon Autonomies, pour le handicap, la dépendance et le vieillissement.

La Ligue Alzheimer était évidemment présente à l’ensemble du Salon, du jeudi au samedi, afin de pouvoir renseigner et sensibiliser un maximum de personnes à la problématique de la maladie d’Alzheimer et des autres formes de démences.

Les personnes handicapées, dépendantes ou vieillissantes représentent à l’heure actuelle plus de 30% de notre population et, tout comme le nom de ce salon l’indique bien, leur autonomie doit être encouragée et facilitée au maximum afin de pouvoir assurer à ces personnes la meilleure qualité de vie possible.

De nombreux autres exposants étaient également présents aux côtés de la Ligue Alzheimer : les visiteurs  ont pu trouver une foule d’informations auprès de plus de 130 exposants.

Ligue à Autonomies

Aude Dion de la Ligue Alzheimer et de deux de nos vaillants bénévoles, Monsieur Juvent et Monsieur Denoël.

Le stand de la Ligue Alzheimer n’a pratiquement jamais désempli.

À noter la présence de beaucoup de professeurs et d’étudiants lors du salon. Certaines écoles avaient  distribué à leurs élèves des questionnaires à remplir tout au long de la journée, en posant des questions intéressantes aux différents stands présents ce jour-là. Initiative pédagogique qui a certainement porté ses fruits.

Ce salon a pu être organisé grâce au soutien de nombreux partenaires dont la Ville de Liège ou encore la Région wallonne.

JL

Alzheimer au MoMA

20-05-2010

Le Museum of Modern Arts de New York (MoMA) propose des visites spécifiques aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Une fois par mois, à travers leur programme Meet Me, le MoMA accueille les malades d’Alzheimer et les personnes qui les accompagnent pour une visite du musée sur mesure. Et cela, déjà depuis 2006.
Non seulement, le musée est à eux seuls à cette occasion mais il propose des guides qui ont été formés à la communication avec des personnes atteintes de démences pour animer et présenter ateliers et  conférences sur les collections permanentes du Musée.

C’est avant tout, comme pour chacun, le plaisir de vivre l’art et les émotions qu’il procure.

Peut-être plus encore pour une personne qui vit avec la maladie d’Alzheimer dont la mémoire des sens, une fois les facultés de paroles diminuées, semblent plus en éveil qu’avant.

Une étude américaine récente dont nous avons déjà parlé ici, montre que s’il y a une mémoire qui  se perd difficilement,  c’est celle des choses belles que l’on a aimées : les malades d’Alzheimer continuent d’apprécier  tel air de musique sur lequel ils ont dansé  ou tel vieux film vu dans leur jeunesse. C’est la même chose avec l’art.

Mais c’est encore eux, qui en parlent le mieux, découvrez le témoignage d’Harold aidé de son épouse Florence et de son fils Dan.

FR

- Meet Me, MoMA  Alzheimer Project

Démence et alcool, liés?

5-05-2010

Les rapports entre l’alcool et les différentes formes de démence restent difficiles à déceler. Dans cette incertitude, quelle attitude adopter ?

La plupart des professionnels de la santé s’accordent à dire qu’une consommation excessive et récurrente d’alcool est un facteur favorisant certaines pathologies démentielles comme le syndrome de Korsakoff ou encore l’encéphalopathie de Wernicke, qu’en est-il pour les autres pathologies démentielles ?

verre vin

D’après l’Association Médicale Canadienne, qui rapporte les résultats d’une étude publiée dans  le Journal of the American Medical Association (menée sur plus de 700 personnes de 65 ans et plus dont la moitié atteinte de démence) : “Les résultats indiquent que, comparativement à l’abstention, une consommation hebdomadaire d’un à six verres d’alcool est associée à un risque plus faible de démence chez les personnes âgées. Par contre, une consommation importante d’alcool est associée à une augmentation de ce risque ».

Quels risques en cas de démence ?

À l’opposé, lorsqu’un patient est déjà atteint d’une forme de démence, quelles sont les probabilités de voir apparaître une éventuelle consommation d’alcool excessive ? Florence Lebert et Florence Pasquier, chercheuses au  Centre de la mémoire CHRU de Lille ont constaté l’apparition d’un abus de boissons alcoolisées chez approximativement 30% des patients atteints de démences frontotemporales.

Les causes peuvent être nombreuses : la solitude, l’isolement, la perte d’indépendance, l’annonce du diagnostic, etc. La meilleure façon de prévenir cet alcoolisme durant la démence reste de le déceler au plus tôt. Parlez-en à votre médecin traitant en cas de doute.

JL

Merci à Lydia Lassaux pour son aide sur ce sujet.

Sources :
  • Association médicale canadienne
  • Florence Lebert et Florence Pasquier, Démence frontotemporale : historique comportementale d’une maladie neurologique, Psychologie & neuroPsychiatrie du vieillissement, mars 2008, volume 6, numéro 1, pp. 33-41

Soutien pour les aidants

15-02-2010

Une nouvelle étude menée aux USA démontre combien les groupes de soutien peuvent accompagner les aidants qui prennent soin de proches atteints de la maladie d’Alzheimer.

Cette étude montre :

  • que les aidants ressentent parfois de la culpabilité quand ils participent à des activités avec leurs amis alors que leur proche n’en n’est plus capable,
  • que les aidants expriment plus souvent des sentiments de tristesse et de solitude,
  • que 25% des aidants souffrent de dépression,
  • que seulement 23% des aidants interrogés ne ressentent pas l’accompagnement de leur proche comme un fardeau.

Cette recherche menée par l’université de Case Western Reserve University montre que les partenaires de personnes atteints de la maladie d’Alzheimer expriment moins d’espoir en l’avenir et moins de joie de vivre.

Mais surtout, elle souligne que face à ces difficultés, les aidants trouveront plus facilement leur voie s’ils sont aidés par des groupes de soutien.

Ceux-ci  leur permettront :

  1. de « normaliser » les émotions qu’ils ressentent alors qu’ils assistent à la progression de la démence chez leur proche.
  2. de bénéficier des compétences du groupe dans leurs prises de décisions
  3. de recevoir « la permission » de mener sa propre vie sociale et d’y trouver du plaisir tout en restant un « bon aidant ».

Alors rendez-vous au prochain Alzheimer Café près de chez vous?

F.R.

Sources :

- Alzheimer Reading Room

- Case Western Reserve University

Mélodie de l’éphémère

26-01-2010

Nous revoilà, après une trop longue absence,  sur le pont de l’Alzheimer Café Blog.

Toute d’abord, si nous revenons tardivement c’est avec une bonne nouvelle : l’équipe de l’Azheimer Café Blog  se renforce ;  désormais nous serons trois à alimenter le blog : bienvenue donc à Aude Dion et à Julien Liesens dans cette nouvelle aventure.

Nous sommes toujours en janvier et il n’est jamais trop tard pour se souhaiter de bonnes choses.

Nous tenons donc à vous souhaiter une année 2010 pleine de joie et de bonheurs avec ces mots de Herman Hesse, écrits dans son ultime ouvrage,  Éloge de la vieillesse:

Mouna Andraos _ 6 is for Blossom

« Des dizaines, des centaines de fois encore tu me captureras, tu me jetteras un sort et tu me retiendras prisonnier, monde de paroles et d’opinions, monde des hommes, monde de désirs intenses et d’angoisses fiévreuses. Mille fois encore, tu éveilleras en moi, ravissement et peur avec tes lieder accompagnés au piano, avec tes journaux, tes télégrammes, tes faire-part de décès, tes déclarations de domicile et tout ton fatras infernal, toi monde de désirs et d’anxiété, opéra gracieux plein d’absurdités mélodieuses. Mais Dieu veuille que jamais plus ne disparaisse ce sentiment de précarité de toute chose, la passion des métamorphoses, l’acceptation de la mort, la volonté de renaître (…) éternellement le désir se muera en angoisse et l’angoisse en délivrance ; la mélodie de l’éphémère m’accompagnera joyeusement sur mon chemin pleine d’acquiescement, pleine de consentement, pleine d’espoir ».

F.R.

Réminiscence sur la BBC

20-08-2009

Le programme Woman’s Hour de BBC Radio Four de cette semaine était consacré aux ateliers réminiscence de l’Alzheimer Society (UK).

La thérapie de réminiscence reste une approche thérapeutique passionnante de la maladie d’Alzheimer.

Elle consiste à un rappel vocal ou silencieux d’événements passés de la vie d’un patient dément, individuellement ou en groupe.

Elle utilisée à chaque Alzheimer Café !

Les participants sont invités à parler de leur vie antérieure, avec le soutien de photos, de musique ou

d’objets du passé.

Dans la mesure où la mémoire des faits anciens est souvent la dernière à se détériorer dans la maladie d’Alzheimer, la réminiscence reste un moyen de communication avec les personnes.

Cette pratique est devenue un processus thérapeutique à part entière.

Elle permet de rendre aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer un sentiment d’autonomie en ravivant leur mémoire à long terme.

Le programme Woman’s Hour sur BBC Radio Four de cette semaine est consacré à des ateliers de réminiscence organisés par l’Alzheimer Society en Grande-Bretagne.

Vous pouvez réécouter l’émission sur internet, cliquant ici.

F.R.

Patients discriminés?

11-06-2009

Tous les malades d’Alzheimer, en Belgique, ne sont pas soignés et accompagnés de manière optimale.

Ce sont les conclusion d’une table ronde d’experts belges de la maladie d’Alzheimer qui s’est tenue à la fin du mois de mai.

Ces spécialistes estiment que davantage d’attention doit être accordée à la maladie, au patient et à sa famille.

“La maladie d’Alzheimer reste taboue et souvent confinée au sein de la famille. Autour de chaque patient, on estime que 5 autres personnes sont concernées par la maladie. La maladie d’Alzheimer reste une maladie cachée, qu’on essaye d’oublier.

Il est pourtant possible de briser ce tabou, exactement comme on l’a fait pour le SIDA” a expliqué le Dr Ventura, neurologue, et praticien aux Consultations Cliniques de la Mémoire à l’Hôpital Erasme à Bruxelles.

Investir dans une meilleure prise en charge des patients atteints de la maladie d’Alzheimer permet non seulement d’améliorer leur vie quotidienne et celle de leur entourage, mais également de retarder leur institutionnalisation qui génère des frais élevés.

Des études récentes (Mittelman, 2006, et Lopez, 2009) a en effet démontré qu’un traitement médicamenteux, couplé à une approche non médicamenteuse adaptée, permet de retarder l’entrée en institution.

Pour rappel, en Belgique:

  • 165.000 personnes souffrent de démence, dont 100.000 de la maladie d’Alzheimer.
  • En 2020, on estime que 150.000 patients seront touchés par la maladie d’Alzheimer.
  • D’ici 2040, on prévoit un doublement des chiffres actuels.

Depuis le remboursement des médicaments contre l’Alzheimer, on accorde plus d’attention à la maladie, tant sur le plan de la recherche qu’en ce qui concerne l’approche du malade et de son environnement.

C’est dans ce contexte que s’est développée l’approche non médicamenteuse, comme les cliniques gériatriques de jour et les cliniques de la mémoire.

Aujourd’hui, il existe actuellement deux options de traitement pour la maladie d’Alzheimer (voir notre billet sur ce sujet):

-> les inhibiteurs de la cholinestérase

->la mémantine.

Ces deux classes de médicament présentent un impact différent sur la maladie. Il est donc possible, dans certains cas, de les combiner afin d’augmenter leur effet.

Or, le recours simultané à ces deux traitements n’est pas remboursé en Belgique, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays voisins (dont la France).

Seuls les patients qui en ont les moyens financiers peuvent dès lors se permettre cette combinaison.

Exister

Les praticiens, réunis, lors de cette table ronde, plaident donc ensemble pour que ce soit désormais le cas.

« Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer sont encore trop souvent caractérisés par leurs déficiences plutôt que par ce dont ils sont encore capables” explique Jurn Verschraegen, responsable de la coordination de l’Expertisecentrum Dementie (ECD) Vlaanderen.

Et d’ajouter : “Même si le contact est différent, il continue d’exister. Chaque patient qui souffre de la maladie d’Alzheimer ne doit dès lors pas uniquement être vu comme un patient mais aussi comme un être humain !”

Nous devons garantir la qualité de vie de tous, ainsi que celle de la famille. Ce qui ne se fait pas encore suffisamment. Nous devons en faire prendre conscience à la population, aux spécialistes et aux décideurs. »

F.R.